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Peut-tre aurait-il fallu, en fait, que je me mfie
Pour mon me, son salut, de l'homme qui m'a souri
Je crois savoir aujourd'hui le secret qu'au fond il cache
Mais personne ne m'a rien dit avant que je ne m'attache.
J'avais bien cru voir voler aux cieux de mes dserts
Des papillons chapps de mes tombeaux, mes hiers ;
Dans ces regards entre nous, aussi, briller des toiles
Du mme monde un peu fou o les mes se dvoilent;
J'en avais fait des voyages, toujours des aller-retour
Rien qui ne brise la cage o s'touffe mon amour,
J'avais cru voir en ses mots, pourtant, un appel mystique
Enfin me dfaire du faux, enfin le voyage unique!...
Peu peu apprivoise, mon me, d'ordinaire farouche,
Comme il a su la calmer, vivait au bord de ma bouche
Et offrait mon visage des sourires de connivence,
Aujourd'hui, sous les nuages, je me sens seule dans la danse.
Qui pourrait me dire alors s'il y a eu malentendu
Dans ces changes comme l'or vers mon me tue
Si tout tait de mon fait, les paroles et les regards
Il aurait fallu peut-tre que je me mfie le soir
Lors qu'en mes penses, mes rves, peu peu il revenait
Son nom naissant sur mes lvres a prcd aux regrets
Vois! Dans mon cur refroidi aujourd'hui gt la flamme...
Derrire l'homme qui m'a souri, il y a une autre femme.