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"Sombre
idiot!" vocifra la femme de Jack en lui jetant la lampe la figure
"J'ai l'estomac vide depuis des jours et tu dpenses nos derniers sous
pour une camelote de lampe magique!". Malgr la pluie d'insultes, Jack rcupre
l'objet et entreprend de le lustrer. Aprs 3 passages du revers de sa manche
mite, la lampe toussote et crache une nue paillete par le bec d'o s'chappe
un tre vaporeux qui emplit rapidement l'humble chaumire de son imposante
stature. "Faites 3 vux, je les exhausserai!" s'exclame le gnie. La
Marie, bouche-be, ne dit mot alors que Jack rtorque aussitt : "Je
veux une grosse assiette de choucroute avec une ribambelle d'normes
saucisses!" D'un geste le gnie fait apparatre l'assiette. Jack
s'installe en se pourlchant les babines mais la paysanne entre dans une rage
folle : "Nous sommes les plus misrables des misrables et toi tu gches
un vu pour une assiette de choucroute alors que l'on pourrait demander toutes
celles du monde! Ha, je voudrais que ces saucisses te pendent au nez!" A
peine le temps de raliser ses paroles que le pauvre Jack se retrouve avec une
ribambelle de saucisses soudes au nez comme si elles en avaient toujours t
le prolongement naturel. Chacun accable l'autre de sa btise.
Ils
tirent, ils tentent de couper mais, rien faire, l'allchante charcuterie est
dornavant le nez de Jack et il ne reste plus qu'un seul vu! Soit Jack passe
sa vie avec un nez-saucisses soit ils renoncent leur rve de richesse. Ils
pleurent, ils se lamentent mais le gnie est inflexible et il leur faut faire
un choix. Malgr les cris, la Marie aime trop son Jack pour le laisser souffrir
ainsi. Rsigne, elle prononce le vu qui aussitt rend son nez normal
son poux alors que le gnie disparat avec la lampe dans un grondement.
Mille
et une nuit, toiles qui scintillent, une lampe lustre et le Djinn surgi !
Mousse verte, odeurs boises, rires de libellules et une fe dambule !
Monolithe et chevaliers, pe sacre et l'Enchanteur apparat ! tres qui ralisent
nos souhaits, nous fascinent et nous terrorisent, vous, esclaves de nos dsirs
dont nous ne sommes nous-mme pas matre, n'tes-vous pas l pour nous
Savons-nous
seulement nos dsirs les plus profonds ? Et quand bien mme, sommes-nous
capables de les exprimer ? La puissance terrible de ceux qui accordent nos
mots la valeur ultime, leur donnent la force de ralisation du verbe originel,
souffle crateur des dieux, cette puissance est-elle un miracle ou une maldiction
pour les humains balbutiants que nous sommes? Serions-nous apte user du verbe
s'il devenaient l'instrument de nos dsirs ?
Vous,
gnies, fes et magiciens, expression pure de la magie du monde, saurez-vous
un jour faire comprendre aux humains qu'ils sont plus esclaves de leurs propres
dsirs que vous des sorts qui vous obligent les raliser ? Alors qu'ils
n'ont pas besoin de vous. En osant couter ses propres souhaits, en osant les
exprimer, l'on peut invoquer en soit les forces et veiller la magie ncessaire
pour les raliser par nous mmemais sommes nous vraiment sr de ce que
nous souhaitons ? De quoi avez-vous peur, humains ? D'chouer attraper vos rves
ou bien d'y arriver ?
Prenez
garde vos vux, ils pourraient tre exaucs
Poudre
d'toile qui pique le nez
*Atchoum*
A
vos souhaits !
Retranscription
partielle de "Les trois souhaits" de Jacob et Wilhem Grimm.